FONCTIONNEMENT DU CENTRE DE SOINS

Le centre accueille les personnes exilées en souffrance psychique.

Pour des raisons de proximité, il s’adresse à des patients résidant dans le Gard et l’Hérault.

Les consultations sont gratuites, uniquement sur rendez-vous, sans condition d’âge ou de statut.

L’orientation peut être spontanée ou faite par une tierce personne, qu’elle soit un proche ou un professionnel accompagnant la personne en demande.

Pour cela, un formulaire est à remplir et à retourner au centre.

Ce formulaire offre au centre un premier regard sur la situation de la personne en demande, permettant d’adapter les modalités d’accueil (besoin en interprétariat, choix du psychologue en fonction du type de thérapie recommandée, besoin d’un accompagnement médical et/ou juridico-social, etc.)

Un premier entretien d’accueil est proposé au centre de soins en présence d’un interprète si besoin. Cet entretien est effectué par la médecin généraliste du centre. Il permet de s’assurer que la personne est bien actrice de la démarche de demande de suivi psychologique, de faire une présentation du centre au patient, de préciser les modalités d’accueil, d’informer sur les différentes possibilités de suivi (individuel ou groupal) et les éventuels délais d’attente. Enfin, il permet d’orienter si nécessaire vers des partenaires.

Les modalités de l’accompagnement psychologique seront à définir au cas par cas en terme de fréquence des rendez-vous avec le psychologue. La durée de prise en charge sera ajustée aux besoins de chaque patient et n’est pas limitée dans le temps.

QUI SONT NOS PATIENTS ?

Les patients du centre, outre leurs situations sociale et administrative souvent précaires, se trouvent dans une grande fragilité psychologique. 

En 2021, nous avons accompagné 256 personnes dont 121 nouveaux patients. Les quatre pays les plus représentés sont  l’Afghanistan, le Nigéria, la Guinée et la Géorgie. Nous avons effectué 2078 consultations en 25 langues dont 1396 consultations psychologiques.

Notre public est majoritairement primo-arrivant et jeune. Les patients sont présents en France depuis moins de 2 ans pour 74 % d’entre eux (93% de nos patients sont en France depuis moins de 5 ans). 40 % ont moins de 25 ans. 

La plupart des personnes nous sont adressées par des structures d’hébergement spécialisées (CADA, CAO, PRADA, CPH, Foyer du Conseil Départemental). Une partie de notre public se trouve être extrêmement précarisé (25,5 % de nos patients dorment dans un squat, en bidonville, dans la rue ou au sein d’un réseau solidaire). Les demandes émanent de l’Hérault pour 78 % d’entre elles, du Gard pour 20,5 %, et autre pour 1,5 %.

Sur le plan administratif, au moment de la prise en charge des patients, 47 % d’entre eux sont en demande d’asile, dont 6 % en procédure Dublin, 15 % bénéficiaires d’une protection. Le nombre important de personnes en demande d’asile correspond  au caractère récent de l’arrivée en France de la majorité de nos patients.

CLINIQUE DE L'EXIL

L’orientation du thérapeute, sa vision de l’accompagnement et plus généralement, sa manière d’être clinicien aura des incidences sur le sujet qu’il accompagne. Néanmoins, ses outils, ses références théoriques importent peu s’ils servent sa compréhension de la dynamique psychique du patient, si le thérapeute se tient près du sujet, à l’écoute attentive des mouvements qui animent le patient et à leurs modalités d’expression - que ces outils relèvent du champs systémique, existentiel ou du champ psychanalytique (courants représentés au centre Frantz Fanon). En revanche toutes ces approches nécessiteront sans exception de partager un socle commun dans la prise en charge des personnes en situation d’exil. Nous avons opté dès la création du centre pour une clinique de l’exil. Le terme de clinique de l’exil est apparu en mai 1991, lors d’un colloque organisé à la Salpêtrière intitulé Incidences cliniques de l’exil. Ce colloque est considéré a posteriori comme l’acte de naissance du courant. Notre mise en pratique de la clinique de l’exil sur le centre Frantz Fanon consiste à proposer un dispositif clinique singulier qui s’articule autour de cinq dimensions spécifiques liées à l’exil : dimension psychique, interculturelle, langagière, politique et corporelle.

Groupes de Paroles

« Pour s’enrichir de l’expérience des autres, créer des liens de confiance et d’appartenance » Les personnes en situation d’exil, du fait de parcours difficiles et éprouvant, peuvent être fragilisés dans leur lien à autrui. Les groupes de parole sur le centre visent à proposer un espace d’échange sécurisé et convivial ayant une double fonction d’étayage social et de soutien psychologique. A ce jour, trois groupes sont en fonctionnement au centre, se réunissant tous les 15 jours, animé par un ou deux psychologues :
- Groupes femmes : écho des violences subis en tant que femme. Actuellement le groupe est uniquement francophone.
- Groupe jeunes (moins de 28 ans) : travail sur le métissage culturel. Le groupe est francophone et anglophone.
- Groupe LGBT : favoriser un espace d’échange sur les problématiques communes rencontrées du fait de l’orientation sexuelle. Le groupe est actuellement francophone et anglophone mais reste ouvert quelque soit la langue parlé du participant.
En parallèle à ce travail de groupe, un suivi individuel peut être proposé à la demande en fonction des besoins. Un groupe de pair est actuellement en cours de finalisation, pensé par les principales intéressées et animé par la psychologue et la médecin du centre avec une technique de focus groupe pour les femmes ayant subi des mutilations sexuelles entrant dans le parcours de soins Kintsugi. Nous réfléchissons actuellement à l’ouverture d’autres groupes : femmes afghanes, enfants et parents d’enfants malades.