CENTRE DE RESSOURCES

Présentation

Le centre ressources s’adresse à l’ensemble des intervenants impliqués dans l’accompagnement des personnes en situation d’exil de la Région Occitanie, qu’il s’agisse de professionnels de santé, du social, d’interprètes, de juristes, de bénévoles associatifs, etc.

Son premier objectif est de créer un pôle de soutien à ces professionnels par l’organisation de formations, la mise en réseau, l’organisation d’espaces d’analyse de pratiques professionnelles et de capitalisation commune. Ce soutien passe par la constitution et la formation de deux réseaux de professionnels : un réseau de professionnels de la santé mentale se déployant sur toute la région Occitanie, et un réseau d’interprètes spécialisés dans l’accompagnement en santé mentale dans le Gard et l’Hérault. Si vous souhaitez rejoindre l’un de ces réseaux, contactez nous : muriel.montagut@lacimade.org

Le centre a simultanément pour objectif de soutenir le développement d’une offre de soins spécialisés pour couvrir les besoins à l’échelle de la Région Occitanie, et de faciliter l’appropriation de la clinique de l’exil dans les structures de droit commun, en commençant par l’élaboration d’un diagnostic avec les professionnels concernés des besoins qu’ils éprouvent pour pouvoir assurer des prises en charge adaptées, identifier ensemble les manques, les freins et les leviers permettant à ces services de développer et d’expérimenter de nouvelles formes de prise en charge.

Enfin, le centre de ressources a pour mission d’être un observatoire régional de la santé mentale des personnes exilées, par une action de capitalisation, de plaidoyer et de recherche. 

LES FORMATIONS

Le centre Frantz Fanon dispose d’un agrément comme organisme de formation continue. Nous formons des professionnels dans le domaine de l’exil. Plusieurs modalités de formation sont proposées : des temps de formation au centre Frantz Fanon sur une journée ; ou des formations sur site à la demande des partenaires et ce à différents niveaux (sensibilisation ou formation). Nous pouvons aussi mettre en œuvre une formation spécifique adaptée aux besoins des partenaires, au territoire, aux profils des professionnels. Le public visé comprend tout professionnel en relation avec les personnes exilées tels que : travailleurs sociaux, professionnels de santé, professionnels de la justice, agents publics, étudiants, etc.
La méthodologie est interactive, les formations alternant entre des temps d’apports théoriques actualisés et croisés avec des temps d’échanges et de partage d’expérience.
Les ateliers sont animés par l’équipe du centre Frantz Fanon en particulier par les psychologues. Un intervenant juridique et social peut apporter un éclairage sur les procédures envisageables pour les personnes en situation d’exil, et un médecin un éclairage médical. Par ailleurs, nous pouvons solliciter les interprètes du Centre Frantz Fanon pour intervenir sur des espaces spécifiques de formation.

Nos Formations

S’inscrire à une formation

Pour ceux qui souhaitent une formation plus spécifique « Exil et santé mentale », nous proposons en collaboration avec la Faculté de Médecine de Montpellier, et Médecins du Monde, un Diplôme Inter Universitaire.

Analyse de pratiques professionnelles

Les groupes d’analyse de pratiques professionnelles sont des dispositifs d’analyse clinique de situations professionnelles apportées par les participants. Il s’agit de repérer ensemble ce qui est mobilisé pour le professionnel dans la situation présentée et de développer une réflexion autour des postures et outils d’accompagnement.
L’intérêt de ce type d’intervention est d’être au plus près des difficultés des professionnels, et de pouvoir les former en profondeur sur les problématiques psychiques développées par les personnes exilées.

Actions de sensibilisation et de plaidoyers

Le Centre Frantz Fanon, dans ses missions, s’est fixé l’objectif d’être à l’origine de plaidoyers, sur les questions de santé mentale mais aussi sur les thématiques impactant directement le public qu’il accompagne, et participant donc de leur mal-être psychique.

Voici quelques exemples d’actions menées tout au long de l’année 2019.

- Action de rue pour les 80 ans de La Cimade

La Cimade fête ses 80 ans, de novembre 2019 à juin 2020. 80 ans de lutte et de résistance pour la liberté et les droits fondamentaux des personnes déplacées, exilées, migrantes et réfugiées. Pour sensibiliser le public sur la richesse du phénomène migratoire, des déambulations ont eu lieux à Figeac, Alès, Montpellier, Montreuil, Vannes, Pau, Lyon, Toulouse ou Paris. Au total 26 villes se sont mobilisées le 15 novembre.
Le Centre Frantz Fanon, qui fait partie de la Cimade, a été moteur dans l’organisation de l’événement à Montpellier, en collaboration avec le groupe local de La Cimade et en marge du lancement de la Quinzaine des Solidarités.
Lors de cette action dans la rue, un hommage a été rendu aux personnes étrangères venues d’ailleurs qui ont contribué au rayonnement intellectuel, culturel, artistique et économique de la France. Il s’agissait aussi de porter une parole forte sur l’accueil des personnes étrangères aujourd’hui, les solidarités nécessaires et une nouvelle politique d’accueil recentrée sur l’hospitalité et le respect des droits.


-Accès aux transports en commun pour les personnes précaires

Parmi les nombreuses problématiques sociales que nous rencontrons chez les patients, la question de la mobilité occupe une place centrale. En effet, l’absence de possibilité d’utiliser les transports en commun, pour une raison ou une autre, impacte le parcours de soins et l’ensemble des démarches administratives, entravant l’accès au droit, et notamment aux droits relatifs à la santé. Cette question se pose bien entendu pour les personnes vivant en milieu rural, ou dans des petites villes, et qui doivent donc se rendre dans une grande ville pour un certain nombre de démarches, mais également pour les personnes se trouvant dans l’agglomération de Montpellier.
Nombre de nos patients à qui l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) a refusé ou retiré les Conditions Matérielles d’Accueil (CMA), ne bénéficient pas à ce jour de tarifications spécifiques par la société Transports Agglomération Montpellier (tarification réservée aux personnes en demande d’asile bénéficiaires de ces CMA). Ce sont donc les personnes les plus vulnérables, ne disposant d’aucune ressource ni d’aucune aide financière, qui ne peuvent bénéficier de réduction leur permettant l’accès aux transports en commun.
Pourtant, le Code des Transports, dans son article L1113-1, prévoit une obligation de réduction des tarifications pour les personnes en-dessous d’un certain seuil de revenus, sans discrimination de nationalité ou de situation administrative.
Nous avons rencontré la Métropole de Montpellier à ce sujet le 5 juillet 2019, et reçu une réponse le 18 septembre dernier, nous indiquant que la Métropole ne souhaitait pas « élargir le champ des bénéficiaires du titre demandeurs d’asile ». Le 9 décembre, nous avons donc écrit directement à Monsieur Saurel, Président de la Métropole, accompagné de 13 autres associations (l’Adages, AREA, CIDFF de l’Hérault, Collectif Migrants Bienvenue 34, Etats Généraux des Migrations Montpellier, Fédération des Acteurs de la Solidarité Occitanie, JRS Welcome Hérault, La Cimade Languedoc-Roussillon, la Ligue des Droits de l’Homme Montpellier, MAJIE, le Planning Familial 34, Réseau Education Sans Frontières Montpellier, le Syndicat des Avocats de France – section de Montpellier), afin de l’alerter de la situation et de l’inviter à voter une nouvelle tarification lors de la prochaine séance du Conseil de la Métropole.

- Carte ADA

Le 5 Novembre 2019, l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) a mis en place de nouvelles mesures concernant la carte d’Allocation des Demandeurs d’Asile. En effet, cette carte, autrefois carte de retrait, est devenue depuis lors uniquement réservée aux paiements
Cela a pour conséquence une limitation dans les possibilités d’achats, les commerçants imposant bien souvent un montant minimum pour pouvoir payer par carte bancaire. Il est donc difficile pour les personnes en demande d’asile de pouvoir acheter certains produits de la vie quotidienne, tels qu’une baguette de pain ou d’autres produits de première nécessité. Cette nouvelle carte empêche également l’achat de certains produits et les achats par internet.
Tout cela ajoute au phénomène d’exclusion de ces personnes précaires, à qui il est pourtant bien souvent demandé de faire un effort d’intégration.
Les résidents du CADA de Béziers, géré par La Cimade, ainsi que l’équipe d’intervenants, sont à l’origine d’une mobilisation qui a eu lieu aux mois d’Octobre et de Novembre 2019, en opposition à cette mesure.
Le Centre Frantz Fanon a soutenu l’action par sa présence aux rassemblements.